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Arlacchi : depuis le 11 septembre 2001, les Etats-Unis pratiquent une forme classique d’extorsion mafieuse

Pino Arlacchi (à droite).
Pino Arlacchi (à droite).

L’article suivant, rédigé par l’ex-député italien Pino Arlacchi, ancien coordinateur de l’ONU pour la lutte contre les stupéfiants en Afghanistan, vient de paraître dans le quotidien italien Il Fatto Quotidiano du 10 septembre 2021. Nous en proposons ici la traduction :

Le 11 septembre et les Etats-Unis : D’un gouvernement mondial à l’extorsion mafieuse


Par Pino Arlacchi

La coïncidence entre le retrait des troupes d’Afghanistan et le 20e anniversaire du 11 septembre 2001suggère qu’un cycle a pris fin. Beaucoup l’identifient comme le cycle de l’empire américain. L’hégémonie des États-Unis sur le « monde libre », qui s’est établie après 1945, reposait sur une offre de protection contre la principale menace extérieure, l’expansionnisme de l’U.R.S.S. La menace était manifestement exagérée et n’a servi qu’à légitimer la revendication d’un gouvernement mondial américain. Mais l’offre américaine finit par être acceptée parce qu’en Europe, le danger soviétique devint progressivement une prophétie auto-réalisatrice. Peu importe que le réarmement russe ait été un effet et non une cause de la Guerre froide. Tous ceux qui, sur le continent, se trouvaient à portée des missiles soviétiques ont fini par adhérer de plein gré à la protection proposée par la bannière étoilée. La protection de l’Oncle Sam était légitimée.

La situation commença à changer avec la défaite américaine au Vietnam, mais le tournant radical fut l’effondrement soudain du communisme en 1989. Un grave problème apparut alors. Avec la disparition du « Grand Ennemi », comment justifier le maintien de la protection américaine, et du bloc de pouvoir auquel elle a donné naissance, c’est-à-dire le complexe militaro-industriel-politique que l’on appelle aujourd’hui le Deep State (Etat profond) ?

De 1989 au 11 septembre 2001, le gouvernement mondial et l’État profond ont traversé une crise de survie. Il était clair que tôt ou tard, une fois l’adversaire de l’époque vaincu, l’heure de vérité sur la réduction des dépenses militaires sonnerait.

La Belle Époque clintonienne se passa à la recherche d’un nouvel ennemi. On élabora le concept de « sources multiples de menaces ». Après avoir tué le grand dragon communiste, il y avait à sa place tant de grands et de petits serpents à décapiter : les mafias, les barons de la drogue, « l’axe du mal » des États dits voyous.

Mais ces petits serpents n’étaient pas très convaincants en tant que menaces existentielles pour la sécurité de l’Amérique et de la planète. Ils ne pouvaient pas être considérés comme des dangers à affronter avec l’attirail militaire classique. Pour les garder sous contrôle, quelques dizaines de milliards de dollars de renseignements, de satellites et de forces spéciales pourraient suffire.

Malheureusement, un certain nombre de ces dangers commencèrent également à s’épuiser dans les années 1990. Le crime ordinaire et le crime organisé commencèrent à décliner, la détente internationale favorisa les négociations avec l’Iran, la Libye et la Corée du Nord, et les attaques terroristes commencèrent à décliner dans la proportion presque incroyable de 83 % entre 1991 et 2000. Sous Clinton, le budget militaire américain diminua de 45 % et le complexe [militaro-industriel et médiatique, ndt] qui domine Washington commença à craindre que ses jours soient comptés.

Dans ces conditions, il n’est pas exagéré de dire que Ben Laden a sauvé l’État profond américain d’une menace mortelle. L’immense réaction de colère et de peur provoquée par le 11 septembre engendra les guerres calamiteuses au Moyen-Orient et le grand réarmement des États-Unis qui se poursuit aujourd’hui.

Cependant, ce réarmement ne s’est pas trouvé justifié par l’émergence de nouvelles menaces réelles. Au-delà de la rhétorique de la lutte contre le terrorisme, aucun allié des États-Unis, dont l’Europe en premier lieu, ne les a suivis dans l’augmentation des dépenses militaires et les stratégies militaires de lutte contre le terrorisme.

La raison profonde de la protection américaine a ainsi disparu. Aucun partenaire des Etats-Unis ne se sent aujourd’hui menacé dans son existence ou dans ses intérêts vitaux par un quelconque ennemi irréductible. Pas même par la Chine, pas même par la Russie.

Le semblant de protection légitime du passé se transforma alors en une forme classique d’extorsion mafieuse, où celui qui offre le service est aussi celui qui crée la menace.

Consciemment ou non, les États-Unis ont créé au cours des dernières décennies les menaces contre lesquelles ils prétendent offrir leur protection aujourd’hui.

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Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

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Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

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