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Emploi : pas de croissance sans industrie !

Par Christine Bierre

Paris, le 9 janvier (Nouvelle Solidarité)—Gérard Bouvier et Charles Pilarsky de la division Synthèses des biens et services de l’INSEE viennent de publier une étude, Soixante ans d’économie française : des mutations structurelles profondes, dont les statistiques sont très utiles pour comprendre pourquoi les « Trente glorieuses » ont été une période de croissance forte et saine et pourquoi, à contrario, la période qui a suivi a été généralement appelée celle des « Trente piteuses ».

La question déterminante est celle de savoir où va l’investissement : est-il orienté vers l’industrie et surtout, ce que ne dit pas l’étude mais que nous ajoutons comme précision, vers l’industrie hautement technologique, ou est-il orienté vers les services ? En effet, selon les deux auteurs, il y a une différence marquée entre la période qui va de 1949 à 1974 – date du premier choc pétrolier – et celle qui va de 1974 à 2007, sans que pour autant cette deuxième période soit totalement homogène.

La première période, celle des Trente glorieuses, a été caractérisée par une croissance annuelle moyenne en volume de 5,4% du Produit intérieur brut (PIB), à laquelle contribuaient presqu’à égalité l’industrie et le secteur de la construction principalement d’un côté, et les services *, notamment marchands, de l’autre.

Depuis le premier choc pétrolier, rapportent les auteurs, la progression annuelle du PIB a nettement baissé à 2,2%, en moyenne et la croissance a reposée surtout sur la valeur ajoutée dégagée par les services marchands qui ont crû de 2,9% par an, et ont contribué pour 1,4 points de croissance au PIB. Contraste, l’industrie et la construction n’ont contribué que de 0,4% par an à la croissance et les auteurs notent 6 ans de récession.

Résultat global de ces changements, la part de tous les services à la valeur ajoutée totale est passée, entre 1949 et 2007, de 46% à 77%, (34% à 56% pour les services marchands et 12% à 21% pour les services non marchands). A contrario, la part apportée par l’industrie est passée de 27% en 1949 à 14% en 2007 ! Au total, « en 2007, les services emploient trois quarts des actifs, une part qui a plus que doublé depuis 1950. Les effectifs de l’industrie ont légèrement crû de 1949 à 1974 (+0,6% par an). Ils baissent depuis, sur un rythme annuel de -1,5%. »

Pourquoi est-ce un problème ? Toute une campagne est menée depuis des années par certains lobbies pour convaincre les élus que les investissements dans les services sont aussi productifs que ceux dans l’industrie, et aussi, plus créateurs d’emplois. En 2002, cette auteure a présenté à la commission Economique du Sénat les projets de Solidarité et Progrès pour relancer l’économie en faisant des investissements importants dans les infrastructures et dans l’industrie en France et en Eurasie dans le contexte d’un nouveau système de Bretton Woods. Elle s’est vue répondre que désormais ce genre d’investissements n’a plus la cote, seuls les investissements dans les services sont pris en compte.

D’abord, bien que certains services soient absolument nécessaires à la société, comme leur nom l’indique, ils font partie des « frais généraux » et doivent donc être financés par le surplus généré par la société, grâce notamment à l’industrie. Au-delà,la différence réside dans le peu de capacité d’entraînement sur l’ensemble de l’économie qu’ont les services, incomparable à celle des investissements industriels. Imaginez la liste de matériaux nécessaires à la production d’un TGV : aciers spéciaux, ciment, mécanique, électronique, caoutchouc, câbleries, pour ne mentionner que quelques éléments. Songeons aussi à la mobilisation de matière grise et de main d’œuvre qualifiée requise par ces investissements ! Prenons ensuite, pour les besoins de la pédagogie, un cas contraire, certes extrême : comparons cela aux emplois de services proposés aux personnes âgées pour les aider à la maison. Quel effet d’entrainement sur le reste de l’économie, a une personne employée à remplacer les ampoules chez un Senior ? Si un tel emploi est certes utile dans notre pays où il y a désormais plusieurs milliers de centenaires, outre le fait de permettre à l’employé de gagner faiblement les moyens de son existence et la consommation que cela engendre, les autres effets sont pratiquement inexistants.

Evoquant le passage vers une société où les ¾ des travailleurs sont employés dans les services, les auteurs de l’étude, désignent cela par « une croissance riche en emplois ». Ceci est un effet trompeur cependant, car si, en effet, il est beaucoup moins cher de créer des emplois dans les services où les coûts des machines sont généralement bas, et la main d’œuvre moins qualifiée, c’est le faible effet d’entraînement de ces emplois, aussi nombreux soient-ils, qui contribue à la chute de moitié du PIB dans les Trente piteuses.

Le manque d’investissements dans l’industrie a une autre conséquence néfaste : la baisse de la productivité du travail, c’est-à-dire du rapport entre l’investissement dans la technologie, C, et le coût du travail, V(c/v est le rapport qui mesure ce qu’on appelle l’intensité capitalistique). Plus on investit dans la haute technologie, plus les coûts du travail baissent. Au 17ème siècle, l’introduction de moteurs sur un bateau a permis de remplacer les 100 rameurs qui effectuaient auparavant ce travail. Leur travail coutait beaucoup plus cher, car non seulement ils devaient être payés mais leur présence dans le bateau ainsi que tout ce qui était nécessaire à leur fonctionnement – nourriture, etc. – exigeait des bateaux beaucoup plus grands et donc, beaucoup plus chers.

Selon cette étude, avant le premier choc pétrolier, les gains de productivité horaire du travail étaient élevés (56% par an), grâce au dynamisme des Trente glorieuses qui « traduisait un phénomène de rattrapage au lendemain de la guerre, à la fois en termes d’accumulation de capital et de progrès technologique. » Mais ce rythme a été cassé après le premier choc pétrolier, soulignent les auteurs, dû à un ralentissement « du rythme des gains de productivité.« Entre 1975 et 1990, il était de 3,1% par an en moyenne, mais depuis le début des années 1990, les gains de productivité se sont limités à 1,7% en moyenne par an. » Et si en 1949 la productivité était plus forte dans les services que dans l’industrie, ceci reflétait uniquement le manque de capital pour investir en France au sortir de la guerre. « À compter de 1975 », cependant, « le ralentissement des gains de productivité a été marqué pour les services, qui passent de 4,8% à 2,2%, et il s’est accentué à partir de 1990 (1,3%). La productivité dans les services marchands est aujourd’hui inférieure de 15% en niveau à celle de l’industrie, une différence liée à celle de leurs intensités capitalistiques respectives. »

Ce sont donc ces choix, l’adoption par l’oligarchie financière internationale des panacées de la « société des services » et de la « globalisation financière », à la mort du système de Bretton Woods en 1971, qui aboutissent aujourd’hui à l’appauvrissement marqué de notre pays et des autres pays européens, et à la tertiarisation et la bazarisation de notre économie.

Peut-être, Madame, mais nous ne pouvons pas revenir aux Trente glorieuses… On ne peut pas remettre le dentifrice dans le tube ! Faux. L’actuelle crise financière systémique ouvre la possibilité d’une réforme du système monétaire international qui réduirait la puissance de la finance et réorienterait les flux financiers vers une recherche de pointe, l’investissement dans les infrastructures modernes et l’industrie. A condition que ces projets soient faits à une très vaste échelle, et non pas seulement pour réduire les coûts du travail comme cela s’est produit ces dernières années, de tels projets tireront fortement l’économie de l’avant comme à l’époque des Trente glorieuses !

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Réparation, Reconstruction, Refondation
25 May 2020
Feuille de route S&P
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Pour quoi se bat  ?

« Élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine » Lazare Carnot

Solidarité et progrès est le parti du travail humain. Nous voulons :
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- que personne ne puisse être exploité ou abusé ;
- que les féodalités financières soient mises hors d’état de nuire.

Notre but est donc de vaincre la City, Wall Street et leurs complices européens. En menant :
Une politique internationale de détente, d’entente et de coopération entre peuples et nations, dont les Nouvelles Routes de la soie sont l’amorce. Comme on ne peut les bâtir sur le sable mouvant du système dollar actuel, construisons-les avec le ciment d’un nouveau système monétaire international, ce Nouveau Bretton Woods pour lequel nous nous battons avec nos alliés dans le monde.
Une politique de crédit public national finançant en priorité l’école, la production, l’hôpital et le laboratoire. Le nécessaire préalable pour libérer ce crédit est une moralisation de la vie bancaire (un Glass-Steagall contre les spéculateurs). Mettons-le en place, comme à la Libération !
La dissolution de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN, instruments de l’oligarchie financière. Associons-nous avec les autres pays d’Europe et du monde en vue de grands projets de développement mutuel : espace, essor de l’Afrique libérée du franc CFA, économie bleue, énergie de fusion, numérique, création d’emplois qualifiés.

La France doit donner l’exemple. Battons-nous donc ensemble, avec l’arme d’une culture de la découverte et du rire contre le respect qui n’est pas dû.

La politique de en vidéo

Animations réalisées lors de la campagne présidentielle Cheminade 2017.

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en chiffres

La part des dons de personnes physiques dans les ressources financières de S&P.

Le nombre de candidats présentés par S&P lors de 116 campagnes électorales locales et nationales.

Fondation de Solidarité & progrès suite à la dénonciation du "cancer financier" par Jacques Cheminade.

La part allouée à S&P sur les 70 millions d’aide de l’Etat aux partis politiques.

Actions politiques et citoyennes entreprises (au minimum !) par S&P sur une année.

a vu juste sur...

La crise financière de 2008

Lors de sa campagne présidentielle de 1995, où Jacques Cheminade met en garde contre la spéculation insensée sur l’immobilier et les produits dérivés. Il publie ensuite son alternative au monétarisme dans l’ouvrage « Un plan de relance par le crédit productif public. »

La dérive néo-conservatrice de l’administration Obama

Ainsi que nos amis américains, nous avons dénoncé l’emprise du parti de la guerre sur l’administration Obama bien avant le scandale des écoutes illégales ou celui des assassinats "extra-judiciaires", y compris de citoyens américains.

La nature de la guerre en Syrie et le terrorisme

S&P a démasqué dès 2012 (vérifie) l’instrumentalisation des mouvances terroristes pour renverser certains régimes, dont la Syrie.

L’extrême-droite et néo-nazis en Ukraine

Dès le rejet du traité de libre association par le gouvernement ukrainien fin 2013, nous dénoncions le soutien insensé des occidentaux à des mouvances néo-nazies dans le but d’élargir l’OTAN aux frontières de la Russie.

La confiscation des dépôts bancaires ou "bail-in"

Bien avant janvier 2016 et l’application effective d’une directive européenne permettant de renflouer les banques avec l’argent des déposants, nous avons dénoncé dès 2013 cette logique confiscatoire et destructrice.

Le Tsunami financier qui vient

C’est vrai que beaucoup d’économistes en parlent, en tout cas bien plus qu’avant la crise de 2008 ! Et pourtant aucun ne défend la politique de crédit public démocratique qui nous permettrait d’éviter un choc économique sans précédent.

et la vraie Europe

La vraie question est la nécessité de mettre en place un nouvel ordre économique international fondé sur le développement mutuel, en partenariat avec la conception de la Nouvelle route de la soie que portent les BRICS.

L’Union européenne (UE) est devenue le cheval de Troie de la mondialisation financière, de la City et de Wall Street. L’euro en est le vice financier et l’OTAN le bras armé. C’est pourquoi il faut en sortir, mais pas pour faire un saut dans le vide.


L'euro, et pourtant il coule

Il faut refonder la vraie Europe, l’Europe des peuples, des patries et des
projets, la version du plan Fouchet de 1962 pour le XXIè siècle. Il ne s’agit pas de revenir en arrière mais de repartir de l’avant, avec une monnaie commune de référence porteuse de grands projets : ni monnaie unique servant l’oligarchie financière, ni deux monnaies qui ne seraient pas gérables.

Une vraie Europe ne peut se construire sans réelle participation citoyenne. Construisons une France et une Europe que serve réellement le progrès économique et social, contre tout dévoiement financier et géopolitique.

pour une écologie humaine

S&P promeut une écologie responsable et humaine, s’inspirant notamment des travaux de Vernadski sur la Biosphère et la Noosphère.

Nous condamnons les mouvements obscurantistes qui prônent un écologisme "Malthusien" (l’idéologie de Thomas Malthus) qui considèrent que les ressources de la planète sont limitées. Ces mouvements aboutissent fatalement à la conclusion inadmissible qu’il faut imposer une politique de dépopulation.

Ainsi, la première des ressources est pour nous la créativité humaine, la faculté qu’a l’Homme de comprendre et de transformer le monde qui l’entoure.

L’être humain a une responsabilité, et c’est pour cela qu’il faut sortir de la mondialisation prédatrice.

et l’énergie

Il est fou de vouloir sortir du nucléaire, qui est l’expression d’une découverte humaine. Cependant, il doit être réinventé pour en faire un nucléaire citoyen du XXIe siècle, qui nous donnera les moyens d’accueillir les générations futures.
Nous sommes pour la conception de réacteurs de IVe génération et la mise en place d’un programme de recherche accéléré vers la fusion thermonucléaire contrôlée.

Le nucléaire du futur n’est pas un mal nécessaire. Il doit impliquer une société plus juste, plus inclusive et plus responsable, sans quoi - comme toute autre découverte - il serait réduit à un instrument de domination.
Le nucléaire est, enfin, la "clé" de l’énergie nécessaire à la propulsion des voyages spatiaux, qui définissent l’étape prochaine de notre Histoire.

Défendre le travail humain, c’est rejeter totalement les logiques actuelles de rentabilité à court terme. Se battre pour le nucléaire, c’est se battre pour le fondement d’un monde élargi et plus juste.

est fier de déranger

Vous trouverez sur internet un lot défraîchi d’étiquettages en tous genres : S&P est qualifié de d’extrême-gauche, d’extrême-droite, financé par le KGB ou par un milliardaire américain (mais volant des vieilles dames), aux idées tour-à-tour farfelues et dangereuses, et bien évidemment adeptes de la théorie du complot !
Le tout visant à dissuader les citoyens de découvrir nos idées et notre engagement.

Mais derrière ces accusations vous avez d’incessantes manoeuvres politiques : rejet du compte de campagne de Jacques Cheminade en 1995, saisie de 170 000€ sur le remboursement de la campagne de 2012, et bien entendu une exposition médiatique réduite au minimum, ou la plus défavorable possible pendant les présidentielles !

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