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Affaire Litvinenko-Lougovoï : Quand les Britanniques se nuisent à eux-mêmes

La rédaction

17 juillet 2007

Par Vladimir Simonov, RIA Novosti

Lorsque David Miliband, le nouveau ministre britannique des Affaires étrangères, a annoncé l’expulsion de quatre diplomates russes et la suspension des négociations sur l’allégement du régime des visas avec la Russie, l’audience de la Chambre des communes réfléchissait déjà à la réponse de Moscou.

Cette réponse est simple comme bonjour. Les sanctions traduisant l’indignation des Britanniques face au refus de la Russie d’extrader Andreï Lougovoï, premier suspect dans l’affaire du meurtre à Londres de l’ex-officier des services secrets russes Alexandre Litvinenko, sont condamnées à une réponse symétrique et adéquate. En cherchant à punir les Russes, les Britanniques se punissent donc eux-mêmes.

Et ils risquent peut-être même de se causer un préjudice nettement plus grand qu’il ne paraît au premier abord. Le danger réside dans le fait qu’il est toujours difficile d’éviter les conséquences négatives pour les échanges économiques, commerciaux et humanitaires entre deux pays que pourrait causer une sanction politique tirée par les cheveux.

Il est peu probable, par exemple, que David Miliband ait convaincu du bien-fondé de sa démarche les dirigeants de Kingfisher, le numéro un britannique des matériaux de construction, qui envisage de doubler en un an, jusqu’à 400, le nombre de ses magasins en Russie. Le gel du régime des visas n’a pas non plus de quoi réjouir la toujours croissante communauté russe de Londres qui achète activement des biens immobiliers et investit généreusement dans l’économie britannique. Au cours des cinq dernières années, le chiffre d’affaires des échanges entre les deux pays a triplé, et rien qu’en 2006 la Grande-Bretagne a totalisé pour 6 milliards de dollars d’investissements russes.

Bref, l’impressionnant ensemble des liens mutuellement avantageux et la proximité culturelle entre la Russie et la Grande-Bretagne se trouvent sérieusement menacés par les tentatives de Londres de politiser l’affaire strictement criminelle d’Alexandre Litvinenko.

Que veut au juste David Miliband de la Russie ? Il veut soit que Moscou viole l’article 61 de la Constitution qui interdit l’extradition de citoyens russes pour être jugés à l’étranger, soit, ni plus ni moins, qu’il modifie la Loi fondamentale russe.

En ce qui concerne la première exigence, les Britanniques qui adorent les précédents jurisprudentiels seront intéressés d’apprendre que la Russie possède sa propre expérience en matière d’extradition. En 2002, la Russie avait livré au Turkménistan un certain Mourad Garabaïev en le prenant par erreur pour un ressortissant turkmène. Dès que sa nationalité russe eut été confirmée, Moscou avait dû entreprendre des efforts sérieux pour obtenir son retour. Plus tard, M. Garabaïev avait saisi la Cour européenne des droits de l’homme qui avait condamné l’Etat russe à lui verser 20.000 euros pour "violation de la Constitution".

« Après avoir vécu cette amère expérience avec le Turkménistan, nous n’extradons plus nos ressortissants, explique Mikhaïl Marguelov, président du comité aux affaires étrangères du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe). On a prescrit ce comportement. »

Quant à la proposition inouïe du patron du Foreign Office conseillant à la Russie d’amender en urgence sa Loi fondamentale pour faciliter l’extradition de ses propres citoyens vers des pays étrangers, l’expérience même du Royaume-Uni contredit cette pratique. La Grande-Bretagne n’a adopté une loi appropriée qu’en 2003, et cela, dit-on, sous la forte pression des Etats-Unis. Mais la nouvelle base légale n’empêche pas Londres de s’opposer activement et avec conséquence à l’extradition de personnes accusées des crimes les plus graves qui se trouvent sur le sol britannique.

Les refus britanniques se comptent par dizaines. Au début des années 1990, les Etats-Unis ont demandé à la Grande-Bretagne d’extrader le fameux cheikh Abou Hamza qui avait passé des années à entraîner des terroristes et à collecter des dons de musulmans britanniques pour financer le terrorisme. Tout cela se passait en plein jour dans une mosquée londonienne sous l’oeil indifférent de la police. Londres a alors refusé de coopérer avec son allié le plus proche, et Abou Hamza purge actuellement une peine assez libérale dans une prison britannique.

Plus tard, la Grande-Bretagne a plus d’une fois ignoré les demandes d’extradition formulées par le parquet russe concernant l’homme d’affaires Boris Berezovski et l’ex-terroriste tchétchène Akhmed Zakaïev, demandes d’ailleurs fondées sur la Convention européenne d’extradition de 1957. Le premier fait l’objet de cinq chefs d’accusation, dont l’escroquerie à grande échelle et les appels au renversement du pouvoir par la force ; le second est accusé de participation aux formations terroristes, d’enlèvements et de tortures. Mais les preuves irréfutables ont chaque fois été rejetées par le parquet britannique qui les jugeait insuffisantes.

Selon le porte-parole de la diplomatie russe, la déclaration de Londres annonçant les sanctions à l’encontre de la Russie est tout d’abord une tentative de justifier son refus de coopérer en matière d’extradition de MM. Berezovski et Zakaïev. Dans ce contexte, du point de vue de la diplomatie russe, le comportement des Britanniques apparaît "amoral".

Mais beaucoup d’analystes russes cherchent et trouvent d’autres raisons pour lesquelles le nouveau gouvernement britannique a été amené à faire ses premiers pas diplomatiques aux forts relents de russophobie.

Les circonstances de la mort mystérieuse d’Alexandre Litvinenko se compliquent et s’embrouillent jour après jour. Un barman de 67 ans de l’hôtel Millennium a récemment avoué qu’un homme avait tenté de lui barrer la route au moment où il apportait du thé à Alexandre Litvinenko, Andreï Lougovoï et Dmitri Kovtoun le 1er novembre dernier (date de l’empoisonnement présumé au polonium-210). Scotland Yard doit encore étudier ce nouveau précieux témoignage.

Ce petit détail laisse découvrir des lacunes sérieuses dans l’enquête menée par les autorités britanniques sur le cas d’Alexandre Litvinenko. Personne en Russie n’a eu connaissance des résultats de l’autopsie, et aucune pièce à conviction sérieuse n’a été communiquée. Tout cela amène beaucoup d’analystes et de responsables politiques russes à supposer qu’après tout la Grande-Bretagne a des choses à cacher sur la mort mystérieuse de l’ex-officier du Service fédéral de sécurité (FSB).

"Le premier objectif des autorités britanniques est de faire sortir Andreï Lougovoï à tout prix des frontières russes et de l’empêcher de raconter ce qu’il savait des services secrets britanniques", dit Konstantin Kossatchev, président du comité aux affaires internationales de la Douma (chambre basse du parlement russe). Ils espèrent peut-être qu’ils pourront éclipser ses témoignages les plus sincères, une fois qu’ils l’emmèneront en Grande-Bretagne. Mais il n’y aura certainement pas d’extradition."

Somme toute, face au souci de la Russie de respecter sa propre Constitution et d’empêcher la politique de l’emporter sur la justice, la réaction de Londres apparaît on ne peut plus archaïque. Finalement, l’expulsion des diplomates est une arme symbolique de la guerre froide incapable de résoudre les problèmes contemporains. Moscou préfère penser qu’il s’agit d’une démarche malheureuse qui s’expliquerait largement par le manque d’expérience et le zèle du nouveau Foreign Office en passe de s’affirmer.

Mais il y a une chose que David Miliband a eu raison de souligner : la Russie reste l’un des partenaires clés du Royaume-Uni sur l’échiquier international, et ce quelle que soit la conjoncture du moment. Aujourd’hui, nombreux sont les Britanniques et les Russes qui attendent que les politiques des deux pays fassent un effort et montrent une retenue raisonnable pour préserver ce patrimoine commun.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l’auteur.

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